Samedi 21 novembre 2009
En ce temps-là, à la campagne, accéder au cheval quand on possédait un bourricot, c'était comme de nos jours, passer du motoculteur au tracteur. Mais il y en a qui étaient bien contents de laisser la houe pour devenir propriétaires d'un âne. Il s'agissait en quelque sorte de l'échelle sociale agricole qui précéda de quelques décennies l'invention énarquale de l'ascenseur.
Aussi quand le père Thouard, qui avait décidé de s'offrir un cheval, proposa au Jeannot de lui racheter sa Bobette, une ânesse d'un certain âge mais après tout c'était pas pour faire de l'élevage, ce dernier racla ses fonds de tiroirs.
La Bobette fut reçue chez le Jeannot comme une princesse. Il lui avait aussi préparé un joli attelage et comptait sur son aide pour exploiter son petit lopin de terre, à l'autre bout du village.
Pourtant, voilà ce qui se passa le premier jour d'une collaboration que l'on espérait fructueuse. Le Jeannot, fier comme un pou, assis à l'avant de la carriole, tira sur les rênes et le convoi s'ébranla. Cinquante mètres plus loin, alors qu'on était à hauteur du café de la Marie, où le Jeannot buvait de temps en temps un canon, la Bobette s'arrêta. Malgré tous les efforts du Jeannot, les menaces, les coups sur la croupe, la bobette ne voulait rien entendre. Le Jeannot commençait à bouillir. Imaginez que vous veniez d'acheter une voiture d'occasion et qu'elle cale au premier virage...Cela dura cinq bonnes minutes, et, alors que le Jeannot n'y croyait plus, la Bobette redémarra sans prévenir, si bien qu'il faillit tomber à la renverse dans la carriole. Ils firent une soixantaine de mètres et puis l'ânesse stoppa net de nouveau. On était devant le Relais des trois épis. Cinq minutes encore et puis l'on repartit, et les arrêts se succédèrent devant le bar des amis, le restaurant du père Coulon, au café des sports, et même devant l'estaminet du Ricky. "Vain diou, pensa le Jeannot, quel chemin de croix, heureusement qu'y a moins de stations qu'au Golgotha!". Il arriva dans son champ avec une bonne heure de retard sur ses prévisions, mais la Bobette se montra docile et travailleuse, ce qui fit qu'il récupéra une grande partie du temps perdu. Le Jeannot était satisfait. Le retour ne s'effectua pas sans encombre. Car la Bobette stoppa net en face du bistrot du Ricky! " Cré vain diou, se dit le Jeannot, je savions que le père Thouard avo la dalle en pente, mais point à c'te niveau!". Pendant les cinq autres stations, le Jeannot, qui se morfondait dans sa carriole, chercha désespérément une solution au problème. Changer d'itinéraire? Fallait pas y penser, il aurait fallu passer par la Rougie, la Crevée, suivre le mauvais chemin des meurgers blancs, non, c'était plus long en temps....
Le lendemain, la carriole, le Jeannot et la Bobette s'ébranlèrent (pas forcément dans cette ordre d'ailleurs)..... et s'arrêtèrent devant le café de la Marie. Alors, le Jeannot descendit, poussa la porte de l'établissement, et prononça cette décision historique: "Bon, ben ya pu qu'à...." et il commanda un canon de blanc (c'était le matin).    
Par Axel21 - Publié dans : Mes histoires brèves
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Vendredi 20 novembre 2009
Cela faisait quarante ans que le Tonin, (son prènom était Antonin mais tout le monde l'appelait Tonin), chaque matin à huit heures pétantes, sortait de chez lui en poussant son vélo, enfourchait la machine et descendait la rue Boucicaut à toute vitesse jusqu'à la place de l'Obélisque, où, sans prévenir ni regarder, il s'engageait sur le boulevard en effectuant un large virage à droite. Le Tonin allait chercher son journal. On était dans les années trente et, par un beau matin de printemps, les autorités décidèrent, au regard de l'augmentation de la circulation, d'implanter des feux tricolores place de l'Obélisque au carrefour de la rue Boucicaut et du boulevard. Ce furent les premiers feux de la ville de C..
Ce matin-là, comme chaque matin à huit heures pétantes,  le Tonin sortit de chez lui en poussant son vélo pour aller acheter son journal. Juste au moment d'enfourcher la machine, la Simone l'appela de la fenêtre du premier: "Tonin, n'oublie pas de faire attention au feu! Rouge tu t'arrêtes, vert tu passes!". "T'inquiète pas Simone, lui répondit le Tonin, là-bas, ça fait quarante ans qu'y m'voient passer tous les matins, y m'connaissent, j'vais pas changer mes habitudes pour leur feu!"
Et pendant des années encore, le Tonin, déboulant à toute blingue de la rue Boucicaut, que les feux soient verts ou rouges, s'engageait sans prévenir ni regarder sur le boulevard, pour aller acheter son journal.
On aurait cru que les autres usagers le connaissaient et que depuis quarante ans ils s'étaient habitués à voir le Tonin débouler à huit heures trois, pétantes.
     
Par Axel21 - Publié dans : Mes histoires brèves
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Jeudi 19 novembre 2009
Jusqu'à présent, je croyais qu'Eric Woerth était quelqu'un de sérieux. En fait, il l'est, mais à la façon de Buster Keaton: un pince sans rire! Il expliquait l'autre jour, que si la France creusait son déficit, ce n'était pas en raison d'un excès de dépenses, celles-ci sont "maîtrisées", mais en raison d'une insuffisance de recettes due à la crise, à ces mauvais français qui ne dépensent pas leurs sous, à la TVA qui ne rentre pas, etc, etc.... Bêtement, jusqu'à présent, je pensais que dans un budget, recettes et dépenses étaient liées et que si l'on avait pas assez de recettes, pour ne pas se ruiner, il fallait réduire en conséquence ses dépenses. En tout cas, c'est ce que je tente de faire avec mon propre budget. Car des dépenses incompressibles, voire incompréhensibles ou en expansion, j'en ai: elles s'appellent eau, gaz, électricité, essence, assurances, taxes, redevance, impôts, CSG, bouffe... Alors comme chez moi aussi les recettes ne suivent pas en ces périodes de croissance négative, je n'ai plus qu'à me serrer la ceinture. Comme j'ai pas pu licencier la bonne, j'en avais pas,  adieu le bel A330 de mes rêves, adieu ma Rolex, cadeau de mes cinquante ans, bye bye aux petits sondages qui me disaient si mes collègues de bureau m'appréciaient, plus d'escort girls pour mes déplacements, finis les one man show de Bigard et quand j'invite au resto, pas plus de 5000 euros par tête! Non mais! Vous allez me dire, tu pourrais faire un grand emprunt...ou comme Woerth, creuser un gros déficit! 
Par Axel21
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Jeudi 19 novembre 2009
Même en faisant des pieds des mains, quand on joue comme des pieds, qu'on est des pieds, il ne faut pas s'étonner que l'on doive s'en mordre les doigts. Cette bande de starlettes surpayées sans orgueil ni panache, cons pressés sur leurs buts, ne méritait pas ce César, fut-il en carton, que représente un strapontin pour la Coupe du monde! Pauvres irlandais volés, floués, vous pouvez, vous, au moins, vous regarder dans une glace....Au secours, Zizou, revient!
Par Axel21 - Publié dans : GRRRRR
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Mercredi 18 novembre 2009
Grâce à la prévoyance et à la bonne gestion d'EDF, qui possède le plus grand parc nucléaire du monde avec 58 réacteurs et qui se trouve de facto en position de monopole, la France doit importer du courant, ce qui ne s'est pas vu depuis 27 ans! Et encore, il ne fait pas froid! Comme EDF est une Société Anonyme, je ne vous donnerai pas les noms des responsables...

Et pendant ce temps, super VRP boit le thé dans le désert saoudien, aussi à l'aise qu'une poule dans une renardière! Ça va pas être facile, en effet, de leur fourguer une centrale! 
Par Axel21
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