La crise serait derrière nous! Tous les indices le confirment et notre gouvernement, nous appliquant la méthode Coué, nous le serine: le pire est derrière nous, les prévisions sont à la hausse, les affaires reprennent, et ce grâce à qui? A la clairvoyance, à la réactivité, allez, ne lésinons pas, au génie de notre stratège bien évidemment.
Seulement, il y a un hic.
Si j'en crois le courrier mensuel de ma banque (septembre 2009) que je ne saurais soupçonner d'être un ramassis de dangereux gauchistes, les choses ne seraient peut-être pas aussi....simplistes. Je cite et je traduits:
" Ce scénario est celui accrédité par les marchés depuis la mi-mars avec un rebond de l'ordre de 50% des indices par rapport au point le plus bas". Tout va mieux, puisque la bourse remonte.
" Ce mouvement a pu trouver sa justification par d'habiles présentations des données macro-économiques de la part des organismes de statistiques dépendant des gouvernements et des banques centrales...". Les chiffres ont été bidouillés!
" A la première publication, les chiffres de croissance de consommation, de ralentissement de la baisse du chômage sont systématiquement surestimés afin de rassurer et de fournir des données supérieure aux estimations, avant de les corriger le mois suivant permettant ainsi de toujours afficher d'un mois sur l'autre une amélioration en partie fictive". On exagère les timides signes d'amélioration avant de rectifier le mois suivant histoire de maintenir le moral des troupes dans cette fuite en avant.
" Il convient cependant de noter que les résultats trimestriels des entreprises se sont avérés moins dégradés que ce qui avait été anticipé par les analystes, en raison notamment des réductions d'effectifs". Si les résultats des entreprises sont meilleurs, c'est grâce aux licenciements!
" Mais en réalité, il s'agit d'un effet immédiat et non récurrent. Comment serait-il possible de minorer durablement l'effet négatif des licenciements massifs sur la demande finale". Comment voulez-vous qu'il y ait une reprise avec de moins en moins de consommateurs?
" ...on constate déjà une diminution des revenus (moins d'heures travaillées), une progression du chômage (moins rapide mais en raison du recours au chômage partiel..." Et ça, c'est pas bon pour la consommation.
" Après les arrêts de production dans certains secteurs type automobile, le reconstitution des stocks a offert une bouffée d'oxygène très limitée en raison de l'informatisation de la gestion et la généralisation des flux tendus en réduisant l'impact." L'embellie annoncée à grands coup de trompettes n'était qu'un trompe l'oeil.
Et la banque de conclure; " D'où notre inquiétude globale sur l'hypothèse actuelle d'une sortie de récession classique comme semblaient l'indiquer les marchés jusqu'à fin juillet".
Et ce n'est pas le Canard Enchaîné qui le dit mais une Banque!