Avant, quand on voulait éblouir les américains, on leur envoyait Piaf et Cerdan. C'était ce que le coq avait de meilleur: un p'tit bout de bonne femme avec une voix d'enfer dont le volume rappelait celui du chant matinal du volatile, un grand timide aux poings de feu comme les lames de ses ergots. Du vrai coq, quoi! Et peu importe si la crête tombait un peu sur le côté comme un bonnet phrygien, et peu importe si le plumage était un peu ébouriffé, cette bête là, monsieur, avait été élevée au grain, chantait les pieds dans le fumier et régnait sur sa basse-cour!
Aujourd'hui, madame, qui envoie-t-on aux américains? Du poulet élevé en batterie, jamais vu d'herbe ni de fumier, cuisses aux hormones et bagouze à la patte. Bref, on envoie NS et sa susurreuse, du baratin et des plumes...Le problème, c'est que ce sont les plumes qui vont chanter. Va falloir sortir les sonotones, une chance que Mandela soit sourd et que Wonder soit aveugle. Bah, y aura toujours une basse-cour à sa mesure pour applaudir le coquelet, et à défaut de talent, y aura des talonnettes....ça compense!