Besson croit-il qu'en supprimant l'effet, il supprimera la cause? En rasant la "jungle" de Calais, pense-t-il mettre fin aux courants migratoires engendrés par la guerre, la misère et l'espoir d'une vie meilleure ailleurs, en l'occurrence, l'Angleterre? Des candidats au départ, tout le monde sait qu'il y en aura toujours, et les passeurs, trafiquants et autres filières qui vont avec! Mais comment une ville plus connue pour ses bourgeois que pour ces sous-hommes, faciles boucs émissaires de toutes les turpitudes locales, pourrait tolérer dans ses faubourgs, une jungle? Une jungle, ça fait peur, c'est plein d'êtres hostiles, de sauvages porteurs de miasmes et de vermines, c'est une zone de non-droit, d'anarchie qui fait trembler les honnêtes citoyens. Facile de stigmatiser ces migrants et de les utiliser comme des épouvantails, qui bien que sans-papiers sèment des papiers gras, vivent comme des rats puants et menaçants. En détruisant Sangatte, rien n'avait été réglé si ce n'est la disparition d'un minimum d'humanité. Facile plutôt que de s'en prendre aux racines du mal de sortir la panoplie de l'état de droit: le retour volontaire, la demande d'asile ou l'expulsion. Voilà ce que propose la Patrie des droits de l'Homme. Mais de quoi se plaint-on, cela aurait pu être la valise ou le cercueil!