Dans les années soixante, à la Mi-Carême de C...., il y avait une importante fête foraine. Une fois qu'on avait fait le tour des manèges et des stands traditionnels, il restait trois lieux qui soulevaient notre curiosité pour ne pas dire plus. On avait seize ans et l'on fumait des menthol pour en paraître dix-huit, et nous bavions devant ces trois stands qui scintillaient de mille feux et où des aboyeurs tentaient de nous attirer en nous faisant savoir qu'ils n'allaient pas chipoter sur nos âges. Il y avait donc le stand de la femme sans corps, celui de la femme panthère, et enfin, le clou, le strip-tease. A voir l'air égrillard et rigolard de ceux qui sortaient, notre résistance, principalement due au coût de l'opération qui n'était pas donné, mollissait.
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