Râleur pas en retard et observateur pas tout neuf
Je me souviens, nous rentrions de vacances en Suisse avec mon père, ma mère, mon frère et moi dans la Dauphine. Le passage de la douane, à La Cure, près des Rousses, était toujours un moment d'intense émotion. Il fallait présenter ses papiers et affronter le regard soupçonneux du douanier inspectant l'intérieur du véhicule. On ne mouftait pas, avec, on ne sait pourquoi, ce vague sentiment de culpabilité, résidu de la probité candide familiale. Quand il s'agissait du retour, comme ce jour-là, les douaniers suisses laissaient passer sans encombre: on pouvait bien emporter la production annuelle de coucous helvétiques, ils n'étaient pas concernés. Ce n'était pas le cas des douaniers français, chargés en l'occurrence de protéger les intérêts économiques du pays que nous étions, je le supputais, capables de menacer gravement.
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