Oui, je le confesse, du temps de ma jeunesse folle, j'ai piraté plein d'artistes. Avec mon magnétophone Gründig à grosses bobines dont je collais le micro sur le haut-parleur de mon transistor Philips qui ne captait que quatre radios en GO (France Inter, Europe N°1, RTL et RMC), j'enregistrais le hit-parade pour sonoriser nos boums! Je surveillais d'un oeil l'aiguille du magnétophone pour m'assurer que cela ne saturait pas. Mais il y avait un autre problème: ces salopards d'animateurs, qui devaient savoir que j'enregistrais, s'entêtaient à parler sur le début et à la fin des chansons. Il fallait donc anticiper, monter le son, le baisser, appuyer sur "pause" au bon moment, sinon c'était raté! C'était un boulot pas facile. Mais si la série de slows était top, on avait aussi nos récompenses en dansant collés...
Tout le monde faisait ça! Ca ne nous empêchait pas d'avoir aussi un tourne-disques Teppaz et quelques vinyles (Sag Warum) pour porter l'estocade, ça coûtait pas trop de sous! Je n'ai pas souvenir qu'Eddy Barclay ne se soit jamais plaint de nos exactions, ni les Dutronc, Hallyday, Vartan, Danel, Monty, et autres étoiles filantes de la chansonnette. Bref, la France avait sûrement connu des Ados pis...ou allait en connaître!