Dans les pays en voie de développement, ce qui frappe souvent, c'est l'état de délabrement du parc automobile. A Cuba ou dans le delta du Nil, on retrouve ainsi de grosses américaines des années 50 qui rendent encore quelques poussifs services. Ailleurs, ce sont les vieilles 504 Peugeot, les Lada, des Mercedes antédiluviennes qui toussotent, le million de kilomètres au compteur, mais ça fait longtemps qu'il ne marche plus. Bien sûr ni ceintures, ni airbags, un pare-brise parfois et les essuie-glaces sont en option. Pas de records de vitesse non plus, vu les chargements et le nombre de passagers. Pourtant, ça roule, et si ça tombe en panne, surgira d'on ne sait où un ingénieur ou un docteur en mécanique, qui, avec trois bouts de ficelles et un clou, tel Mac Gyver, fera repartir le tas de ferraille. Bref, tout ça fonctionne en rapport avec l'économie locale et suivant les moyens qu'elle permet. Bien entendu, on n'imaginerait pas ces véhicules venir nous narguer sur nos autoroutes...
Pourquoi en irait-il autrement des compagnies aériennes? Dans ces pays, les compagnies aériennes consentent parfois un effort avec quelques appareils neufs pour les liaisons avec l'Europe ou l'Amérique, où la législation est sourcilleuse. Mais pour les connexions locales ou régionales, on sort la flotte des vieux coucous pas entretenus, aux pilotes mercenaires et aux équipages kamikazes. J'ai connu au Nigéria des vieux avions réformés de la TAROM, compagnie roumaine considérée comme dangereuse, qui desservait les villes intérieures. Il manquait des rivets sur les ailes, les pneus étaient lisses, ce qui laissait augurer du reste. Ben ça volait! Alors, évidemment, de temps en temps il ne faut pas s'étonner d'avoir les derniers kilomètres à effectuer à la nage...Mais, malgré tout, il faut bien convenir que chez nous, nous sommes tout à fait capables de nous emplâtrer en rutilante 407 ou de nous désintégrer en plein vol dans un magnifique A330 à l'entretien irréprochable!