Soixante députés, qui n'avaient rien d'autre à faire, viennent de partir en guerre contre la burqa, ce vêtement porté par certaines femmes musulmanes, on en compterait 2500 en France, moins que de femmes battues en tout cas. Mais comme tout ce qui peut faire diversion en temps de crise est bon à prendre, chacun y est allé de son petit couplet. La voix de son maître d'abord, le porte parole de plus en plus bouffi (de suffisance?) de Zébulon, qui a cru bon de dire qu'un enquête devrait permettre d'y voir plus clair avant de légiférer. Pour y voir plus clair, la burqa en plastique transparent me semblerait un bon compromis. La secrétaire générale du Parti Sans espoir de retour en a remis une couche. Interdire la burqa ferait que ces femmes resteraient chez elles et qu'on ne les verrait plus! Certes, mais quand elles étaient dehors, on ne les voyait pas beaucoup non plus!
Reste à savoir si les femmes qui portent ce vêtement le font sous la contrainte, par repli identitaire ou par conviction religieuse et par puritanisme. Ce qui semble gêner tout ce beau monde c'est qu'on ne puisse pas les voir. Est-ce bien une femme qui est dessous ou ne serait-ce pas un dangereux trafiquant terroriste Kamikaze? Si c'est une femme, est-elle jolie ou est-ce comme ces surprises qu'on m'offrait quand j'étais gamin: beaucoup de papier pour pas grand-chose? Vont-elles aux Galeries Lafayette s'acheter strings, bas résilles et nuisettes provocantes? En profitent-elles pour mater les beaux mecs? Trouvent-elles scandaleusement vulgaires les cagoles aux mini jupes affriolantes? Ont-elles chaud? Sont-elles nues dessous? Ont-elles en plus des lunettes noires les jours de soleil? Se sentent-elles libres?
Car c'est quand même curieux que la France, Pays des libertés, cherche à restreindre celles-ci à la moindre occasion. En 68, on lisait sur les murs ce slogan: "point de liberté aux ennemis de la liberté"! Cherchons-nous à nous donner bonne conscience? C'est tellement facile de se voiler la face!